Séverine
Je ne suis plus celle que j’étais il y a quelques mois à peine. Tout a volé en éclat dans mon existence, tout s’est fissuré, tout a explosé pour laisser place à une rénovation totale et complète de ma vie, de ma personne, de mon corps. Paris avant et après Haussmann, pour employer une métaphore architecturale.
Je me sens enfin libérée, vivante, épanouie alors même que je viens de faire tout ce que bannit mon éducation, alors que je viens de franchir allègrement toutes les lignes d’une morale trop longtemps respectée.
J’étais une femme de quarante ans que l’on aurait très bien définie par ces quelques mots : bourgeoise, catholique, prude, fidèle et sans folie. Maintenant, depuis que j’ai largué les amarres et brisé les barrières, il n’y a qu’un mot qui me vient à l’esprit pour décrire mon ancienne vie : terne. Je suis probablement excessive mais tous ces évènements sont encore si présents en moi que je ne peux avoir qu’une opinion tranchée.
Quelques jours avant la rencontre qui décida du basculement de ma vie, je fis une lecture qu’à présent, j’interprète comme un signe avant coureur de ce qui m’attendait. Evidemment, sur le coup, il me fut impossible de considérer ces quelques lignes comme annonciatrices de changement à venir. Elles se trouvaient dans une revue littéraire, un extrait d’ouvrage. Je ne me souviens plus ni de la revue, ni de l’auteur, ni du livre. Seul reste dans ma mémoire ce passage qui, sur le coup, m’avait profondément troublé.
L’auteur usait d’une métaphore pour définir la catégorie de femmes à laquelle j’appartenais alors. Il décrivait une belle cuisine dans une maison de campagne, avec une fenêtre donnant sur un jardin entretenu et des rosiers fleuris, une batterie de casserole en étain rétamé accrochées par ordre de taille, des tommettes anciennes et cirées au sol, un bouquet de fleurs sur la table et une belle commode normande pour ranger la vaisselle. Dans cette cuisine, à côté de l’évier, était posé un verre de lait avec quelques gouttes autour. Ces tâches étaient aussi maîtrisées que le reste, elles faisaient parti du décor, comme si rien n’était sale, comme si rien ne laissait à désirer, comme si tout était pensé, contrôlé, ordonné, régulé. Ces tâches n’en étaient pas vraiment. C’était la part souhaitée de chaos dans tant d’ordre et de perfection.
La suite du propos n’était pas flatteur pour les femmes de mon genre, celles maîtrisant tout, contrôlant chaque aspect de leur vie, ne laissant rien au hasard. Je fus vexée par ce portrait où je ne laissai pas de m’apercevoir en filigrane. Ces quelques lignes étaient la première fissure dans le barrage moral qui retenait mes envies et mes désirs profonds. Un homme allait, d’ici peu, agrandir ces fissures en brèches et laisser s’écouler librement tant de choses en moi dont je n’avais pas conscience.
Ceci étant dit, il me faut maintenant poser un peu plus le décor du basculement de mon existence et vous donner quelques clés pour mieux comprendre, pour mieux me comprendre.
En premier lieu, se décrire, même si cela n’a finalement que peu d’importance car, étant moi-même grande lectrice, je sais que, quelque soit la description qu’un auteur fait de ses personnages, chacun les imagine ensuite à sa guise. Je suis brune, avec des cheveux courts, de taille moyenne, avec des seins et des fesses généreuses. Pas grosse ni forte ni ronde. Juste généreuse. J’y tiens. Les hommes se retournent sur mon passage depuis que j’ai basculé. A vrai dire, ils le faisaient peut-être auparavant mais je n’y prêtais pas attention.
Je suis cadre supérieur dans une boite importante. J'ai sous mes ordres une
douzaine d'hommes et de femmes. J'ai de l'autorité et je suis respectée.
Jusqu’à ce que je le rencontre, je n'avais jamais eu de problème avec mes subordonnés car je suis à l’écoute, attentive à chacun et d’un naturel pragmatique. De toute façon, à bien y regarder, il n’y a pas eu de conflit avec lui, avec Stéphane. Rien de plus qu'une étroite osmose sexuelle.
Je ne parlerais pas de beauté pour le décrire mais d’un charme bestial et puissant. Un parfum entêtant, obsédant. J’aime mon mari mais avec cet homme, c'était physique, incontrôlable. Je pourrai vous parler des heures de lui mais ce serait broder. Stéphane m’a puissamment subjuguée, voilà tout.
Il apparut un lundi, embauché en intérim par les ressources humaines pour pallier un congé maternité dans un autre service. Plus tard, il me dira ne travailler qu’en intérim car cela lui permettait de changer souvent de boite et de multiplier les rencontres comme la notre. Il y aurait eu, de ma part, une quelconque implication sentimentale dans notre histoire, j’aurais ressenti les piqûres de la jalousie à ce moment-là. Mais je m’égare. Reprenons le récit. La rencontre.
Elle eut lieu le midi de son premier jour. Nous nous retrouvâmes à la même table du réfectoire mais chacun à un bout. Il passa la moitié du repas à me regarder, à me dévisager d’un air entendu, comme s’il me connaissait déjà, comme s’il savait exactement comment les choses allaient se dérouler. Je vous l’accorde, ceci est facile à dire maintenant que je sais ce que cachait ce regard. Quoi qu’il en soit, je fus désarçonnée, moi qui ne baisse que rarement les yeux devant un homme. Son insistance, à la limite de l’indécence, me troubla pour le reste de l’après-midi.
Durant toute la première semaine, ce fut la même chose : le jeu du chat et de la souris entre ses yeux et les miens. Son regard était lourd, intense, déshabillant, envoûtant. Ses yeux étaient sombres et pleins d’assurance. Ce qui faisait son charme, c’est que derrière ses pupilles sombres se devinait un homme cultivé, intelligent, raffiné. Autre chose qu’un simple queutard compulsif. Autre chose qu'une simple libido mal contrôlée. Un certain raffinement, une certaine élégance.
Une semaine après son arrivée, quand ses regards eurent effectué leur lent travail de sape, tout bascula. Stéphane vint s’asseoir en face de moi
au restaurant de l'entreprise alors que nous étions les derniers ou presque
à déjeuner. Est-ce le hasard qui le fit venir au réfectoire ou bien surveillait-il d’une manière ou d’une autre mes allers et venues ? Il ne voulut jamais répondre à cette question, m’expliquant que c’était là une mystère nécessaire à son charme. Une fois assis en face de moi, alors que nous ne nous étions jamais parlé, il attaqua sans attendre.
« Tu portes un string rose n’est-ce pas ? demanda-t-il en oubliant le
vouvoiement que ma position hiérarchique aurait du lui inspirer. »
Sa voix, son regard, son attitude me firent perdre mes moyens. Sa question, qui n’en était pas vraiment une, était une flèche qui se plantait en plein dans le mille. Je devins toute rouge.
« Pourquoi me dites-vous cela ? tentais-je maladroitement de protester.
- Car je l'ai vu dépasser de ton tailleur en venant m'asseoir. J'adore ton
cul, je le mate des que possible. Un bon cul de bourgeoise dans ses petits tailleurs sexy.
- Stéphane ! »
Ma voix montrait plus d’émotion que d’exaspération. Je devins encore plus rouge mais ni de honte ou de colère. Un poing brûlant venait d’apparaître entre mes jambes croisées sous la table. Sa chaleur se répandait déjà dans mon corps. Je savais en mon for intérieur que j’étais dans l’incapacité la plus complète de lui résister.
« Pour moi, tu es la nana plus bandante de cette boite.
- Je suis mariée au cas où tu ne le sais pas.
- Je parle pas d'amour. Je te parle de
cul. Je te parle de ton string que j'ai envie de rendre humide, de ton bonnet C qui m'excite, de ta bouche que je veux sentir autour de ma queue. J'ai envie
de te baiser, Séverine. C’est aussi simple que cela. Tu es exactement le genre de bourgeoise que j’aime baiser. »
On ne m'avait jamais parlé ainsi. J'étais électrifiée, haletante. Heureusement que le réfectoire était quasiment vide.
« Je vais me lever et toi, tu vas finir ton repas. Quand tu auras fini, tu
vas me rejoindre dans le bureau vide du dernier étage, à côté des archives. Le quatre cent vingt-deux. »
Il se leva sans même finir son repas ou me jeter un regard. Il disparut du réfectoire, sûr de lui. Je finis mon
plateau sans penser à rien. Je sentais juste mon coeur battre la chamade
dans ma poitrine et une douce chaleur irradier depuis mon entrejambe. Je savais que j'allais le rejoindre. Après avoir débarrassé
mon plateau, je pris les escaliers pour ne croiser personne et frappai à la
porte du bureau inutilisé. Mes jambes étaient en coton. Il m'attendait derrière, assis dans un vieux fauteuil, à
côté de cartons et de dossiers empilés.
« Ferme à clé et avance au milieu de la pièce. »
Sans un mot, je m'exécutais.
« Tourne sur toi même, laisse moi regarder ce corps que je vais posséder. »
Sans vraiment comprendre ce qui se passait, je mis les bras en l'air et fis deux tours sur moi
même. Mon string était trempé.
« Relève ton tailleur et montre moi ton cul. »
J'obéis sans opposer de résistance. Sa voix prolongeait ses regards. Un érotisme maîtrisé, une volonté à toute épreuve. Le frôlement du tissu sur mes bas puis sur
la peau de mes fesses fit monter d'un cran mon excitation. Il regardait
maintenant mes deux fesses rebondies avec le petit string en dentelle rose
qui disparaissait entre.
« Bien, très bien Séverine. ça me plait tout cela. Approche toi de moi.
- Oui, dis je sans voix. »
Et là, crûment, il me palpa les fesses.
« C'est du bon cul de bourgeoise hein ? dit-il. De la bonne fesse à claquer et à pétrir. »
Je soupirais.
Il posa son doigt sur la dentelle humide et caressa mon sexe à travers mon
string.
« Oh mais on trempe sa lingerie comme une jeune première. Ca t'excite ce que je te fais
?
- Oui… »
Là, il fit un autre geste encore plus cru. Il posa son pouce sur mon anus et
se mit à masser mes orifices de ses deux doigts avec une lenteur, une insistant consumées
« Voila un entrejambe que me plait
- Oooh ! »
Mais mes protestations étaient vaines. J'étais conquise au dela de toute mesure.
« Ecarte ton string et montre moi ta chatte. »
Je le fis sans un mot. Je lui offris mon sexe.
« Penche toi en avant et écarte les jambes, me dit-il avant de me doigter. »
Je poussais un nouveau soupir alors que son doigt s'enfouissait en
moi. C'était un régal que cette façon qu'il avait de me traiter sans
ménagement, de me parler ainsi.
« Elle aime les doigts dans sa chatte, la cadre sup. Une belle petite salope avec qui je vais m’amuser.
- Oui. »
J’étais incapable de parler. Ses mots me brûlaient de plaisir.
Il introduisit un second doigt. Il les tourna en moi, les sortit, me caressa
le clitoris, le titillais du bout de la langue. Il faisait des merveilles. Je ruisselais. A un moment, après
avoir sorti ses doigts de mon sexe, il se redressa et vint se coller contre
mon dos. Son sexe tendu s’imprima contre ma cuisse. Il était dur comme du bois sous son pantalon. Stéphane me montra alors ses doigts luisants
de mon plaisir.
« Ils sortent de ta chatte, Séverine. Lèche-les. »
Je fermai les yeux et ouvris la bouche pour effectuer ce geste bien plus cru que toutes mes précédentes pratiques amoureuses ou sexuelles. Il les poussa en moi. Je
n'avais jamais goûté à mon sexe ou à ma cyprine. Ce goût un peu âpre, salé me plut
immédiatement. Je me mis à lécher longuement ses doigts. Il recommença une
fois, deux fois, trois fois l’aller retour entre mon sexe et ma bouche. J'en perdis pied. Il me fit jouir peu après, du bout de ses doigts.
L’orgasme fut tel que je dus me mordre les
lèvres pour ne pas gémir trop fort. Il me fut impossible de penser à quoi que ce soit pendant une longue minute.
Pour ne rien vous cacher, je dois vois dire que, dans les secondes qui suivirent, je me sentis quelque peu honteuse de m'être ainsi abandonnée. Quelques secondes seulement, comme si je ressentais des scrupules pour la dernière fois. Les doux baisers que Stéphane déposa sur mon front et dans mon cou dissipèrent ma gêne. Ensuite, il me dévisagea et
me dit une dernière chose avant de me laisser partir.
« Enlève ton string. Je te le rendrais la semaine prochaine. On se reverra
dans ce bureau même.
- Oui, Stéphane.
- Et une dernière petite chose, Séverine. Sache que je n’aime pas du tout les collants. Seuls les bas sont dignes d’être portés par les femmes que j’ai envie de baiser.
- J’en prends bonne note, dis-je en faisant glisser mon string le long de mes cuisses. »
Le reste de l’après midi fut presque un calvaire pour moi tant j’étais excitée. Assise sur mon fauteuil de direction, nue sous mon tailleur, repensant sans cesse à ce quart d’heure passé avec Stéphane, je fus un modèle de non-productivité.
En rentrant chez moi, je fis une chose que je n’avais pas fait depuis les premières heures de mon adolescence. Je me masturbais avant que mon mari ne rentre de son travail. Mon orgasme fut encore plus puissant que le premier. C’était la première fois de ma vie que je jouissais deux fois dans la même journée.
J'adore. Très excitant et réaliste. Une scène que je me verrais bien vivre.
RépondreSupprimerVivement la suite dans le même esprit!
Super. Mon ma part de te mettre à la place d'une femme dans ton récit est superbement bien écrit. A croire que tu as était une femme dans une autre vie !
RépondreSupprimerDis moi, es tu comme ça ? dominateur ?
RépondreSupprimerJ'aurai succombé comme elle devant autant de détermination, de maîtrise et de provocation.
RépondreSupprimerTrès agréable à lire...
H.