Séverine
Les jours qui suivirent notre premier rendez-vous furent pour moi un calvaire tant Stéphane joua avec mes nerfs. Il me souriait à peine, il ne remarquait pas ma présence à table, alors que je m’asseyais non loin de lui, il ne me voyait pas dans les couloirs et ainsi de suite. Certes, n’étant pas dans le même service, nous n’avions pas plus de raisons que cela de nous parler. A vrai dire, pour éviter toute rumeur, tout ragot, il était même préférable que nous nous évitions mais tout de même, cela n’empêchait pas d’échanger un simple signe de connivence, de complicité, de se parler quelques secondes hors de portée des regards et des oreilles.
Il m’ignorait si parfaitement que j’en vins à penser plusieurs fois, sans pour autant accorder de crédit à ces idées, qu’il était peut-être un peu bizarre ou bien qu’il avait oublié notre rapide aventure. Maintenant, après lui avoir posé la question, je sais qu’il m’ignorait pour mieux me déstabiliser et ensuite, me cueillir. Démarche qui réussit au delà de ses espérances car je me sentais comme une amoureuse en proie aux doutes et aux tourments du premier amour. Voulait-il encore de moi, de mon corps, de mon plaisir ? Allait-il encore m’accorder un moment d’intimité ? Allait-il encore jouer avec moi comme il l’avait si bien fait ? Voilà les questions que j’avais en tête, à l’instar de la jeunette au cœur gonflé par sa première histoire.
Avec néanmoins une différence de taille entre l’amoureuse de seize ans et moi : nous n’attendions pas la même chose, nous n’espérions pas les mêmes gestes, les mêmes mots, les mêmes pratiques. Pour moi, la chose était entendue et ne souffrait déjà plus discussion : je ne voulais de Stéphane que ce qu’il m’avait donné quelques jours auparavant. Du plaisir cru et direct, de la pornographie, des mots et des jeux osés. En moins d’une heure, dans un bureau transformé en remise, il avait établi son empire sur ma chair et mon plaisir.
Première matérialisation de ce changement en cours : je ne mis plus que des bas, comme il me l’avait demandé. Exit les collants, ces immondes tue-l’amour qui, bien que pratiques, ne laissent pas la femme aussi accessible que les bas. Le lendemain de notre premier rendez-vous, je filai en boutique pour en acheter six paires de grande qualité dont deux sans élastique pour aller avec le porte-jarretelles dont je fis également l’acquisition.
Errer à l’étage lingerie d’un grand magasin ne m’était jamais arrivée car auparavant, je venais, j’achetais et je partais. Là, je fus une heure à déambuler entre les modèles et les grandes marques. Je ne cherchais pas à remplir mon panier ou à trouver la parure coup-de-cœur. Loin de là même. Je revivais pour la énième fois le plaisir pris avec Stéphane. Ses doigts en moi, son assurance, ma position offerte face à lui, cambrée, livrée soumise. Repenser à tout cela me faisait frémir. J’en voulais encore, j’en voulais plus.
Ainsi, le jeudi matin, quand je vis la dentelle du string porté devant Stéphane apparaître à travers un tiroir entrouvert de mon bureau, je sentis une puissante vague de chaleur déferler en moi. C’était le signe que j’attendais depuis quatre jours. Je fermai les yeux un instant avant d’ouvrir le tiroir pour m’emparer du string. Une première chose me frappa : sur la dentelle, il y avait ce qui ressemblait fort à des traînées de foutre. Savoir que Stéphane s’était masturbé dans ma lingerie élargit encore un peu plus mon sourire. Je pris le string et le portai à mon nez pour le humer. Il sentait tout le plaisir que j’avais envie de prendre.
Je me mis au travail, pensant autant à ce que j’avais à faire qu’à Stéphane. Quand allait-il décider de s’occuper de moi de nouveau ? Tout à l’heure ? Demain ? Allait-il me faire languir encore longtemps ?
Après ces labyrinthiques réflexions, je me dis que ce string était peut-être un peu plus qu’un simple signe. Il pouvait contenir un message. Je me mis donc à l’étudier en détail. Si quelqu’un était rentré à ce moment dans mon bureau, il aurait sûrement trouvé la scène drôle : en femme en train d’étudier de près un string comme si sa vie en dépendait. Je vis rapidement ce que je devais voir : sur l’étiquette délavée, écrits au bic, quelques mots difficilement lisibles car serrés sur quelques centimètres carrés.
« Notre bureau, 12h30, instructions sur place. Il sera ouvert. »
Le plaisir qui m’envahit suite à cette découverte acheva de me rendre inopérante pour le reste de la matinée, à tel point que mon supérieur, à la sortie d’une réunion, me demanda si j’allais bien. Oh oui, j’allais bien. Très bien même. Son froncement de sourcil suite à ma réponse, un froncement dubitatif et curieux, me fit penser qu’il sentait peut-être quelque chose. A midi vingt, j’étais dans le bureau, incapable de patienter jusqu’à l’heure voulue. Devant moi, une enveloppe contenant un bristol avec quelques mots d’une belle écriture.
« Ferme la porte à clé, retire-la et attends moi à genoux, vêtue de ta seule lingerie. »
Attendre à genoux. Les seules personnes devant lesquelles je m’étais jamais agenouillée auparavant, c’étaient mes deux enfants, pour les border, les poutouner, les changer. Jamais devant un homme. J’aurais trouvé cela dégradant. Aujourd’hui, dans ce bureau, je le fis sans me poser de question et en y prenant un plaisir incroyable. Faire glisser mon tailleur, me retrouver en bas et lingerie, à genoux, dans une position soumise et très sexuelle acheva de me rendre moite et chaude.
J’étais ainsi offerte dans ma belle dentelle quand une clef se fit entendre dans la serrure. Il était midi trente cinq sur l’horloge murale : il ne m’avait pas fait attendre. La porte s’ouvrit sur Stéphane, que je n’avais pas encore vu de la journée. Il était particulièrement attirant dans sa chemise et avec sa barbe de trois jours. Après un court regard, mes yeux se baissèrent, comblés par la vue de l’homme qui allait s’occuper de moi. Il commença sans attendre.
« Bonjour Séverine. T’ai-je demandé de m’attendre en bas et lingerie ou simplement en lingerie ?
- En lingerie.
- Et là, portes-tu seulement ta lingerie ?
- Non Stéphane. Je porte aussi des bas. Excuse-moi.
- De plus, dans cette pièce, tu te dois de me vouvoyer. Est-ce clair ?
- Oui, Stéphane. Je vous ai compris.
- Bien. J’aime me faire vouvoyer par une belle petite salope à genoux. »
Son ton, ses mots coulaient en moi avec une telle facilité. La moindre de ses directives faisaient mon ravissement. À tel point que j’étais la première surprise par ma docilité immédiate et totale. Moi, une working girl, une self made man, une femme à poigne qui dirigeait une douzaine de personnes et élevait deux enfants, m’abandonner aussi vite et aussi bien… Même aujourd’hui, la chose me surprend encore.
« Bien, il va donc falloir commencer par te punir, n’est-ce pas.
- Oui Stéphane. Si vous le dites. »
Le vous me brûlait les lèvres comme un baiser sulfureux, il me tournait la tête. Stéphane pouvait faire ce qu’il voulait de moi, j’étais acquise, conquise, soumise, docile. Il fit rouler une chaise jusque devant moi et me demanda de m’y accouder en cambrant les fesses. Ensuite, il passa sa main dans mes cheveux pour les lisser, les caresser et finalement, les tirer en arrière dans un mélange de fermeté et de douceur.
« La fessée pour ma belle petite chienne désobéissante. »
Il abattit sa main qui claqua sur ma fesse droite, m’arrachant un gémissement. Il recommença, encore et encore, rougissant mes fesses un peu plus à chaque geste, me faisant soupirer, gémir, vibrer. Pour ses dernières claques, je dus me mordre les lèvres pour ne pas crier de plaisir. Ma première fessée.
« Voilà, de belles claques sur le bon cul de Séverine. »
Puis il passa sa main sur la dentelle de mon string.
« Mais dis-donc, Séverine, tu es encore plus trempée que la première fois. Tu aimes les punitions, on dirait, n’est-ce pas ? Tu aimes te faire fesser, hein ?
- J’aime faire ma petite chienne, monsieur.
- Bien. Voilà le langage que j’aime dans ta bouche. Mets toi à genoux à présent. Mets-toi à genoux devant l’homme qui veut te prendre en main et dominer. »
Je m’exécutai alors qu’il reculait le fauteuil à roulette.
« Séverine va commencer par mettre les bras le long de son corps. Ensuite, elle va fermer les yeux et ouvrir la bouche. »
Une fois que j’eus accédé à ses demandes, j’entendis le bruit d’une fermeture éclair puis celui du froissement de ses habits. J’allais le prendre en bouche. Mon cœur battait à toute vitesse. Mon sexe était trempé.
« Allez petite chienne, fais-moi durcir avec ta bouche. »
Avant la fin de sa phrase, je sentis l’odeur de son sexe près de mon visage puis la chaleur de son gland devant mes lèvres. Quelques secondes après, sa virilité s’avançait dans ma bouche. J’étais impuissante, livrée, investie par cette tige bien dure mais j’étais si bien, si libérée, si frémissante de plaisir.
Mes lèvres se ruèrent sur cette queue comme jamais. C’était la première fois que je m’accomplissais, que je m'épanouissais en suçant un homme car, pour ne rien vous cacher, je n’avais jamais pratiqué la fellation. Mon mari ne me demandait rien à ce niveau et mes rares amants pré-mariage n’étaient pas du genre à réclamer cette pratique. Pour tout dire, aucun des hommes que j’avais connu intimement n’étaient des foudres de guerre en matière de sexualité. Aucun n’arrivait à la cheville de l’homme qui brandissait avec fierté son sexe tendu devant ma bouche, dans ma bouche. Tailler sa première pipe à quarante ans, n’est-ce pas incroyable ?
« Oh mais regardez-moi cette belle bourgeoise. Elle ferme les yeux pour prendre ma queue en bouche. C’est magnifique. Elle se sent bien à genoux, à faire sa petite traînée docile, n’est-ce pas ? »
Je sortis sa queue de ma bouche et, tout en le masturbant, je levai les yeux.
« Oui Stéphane. Votre queue est un régal.
- Alors reprend là en bouche. Continue à me sucer et à tremper ta lingerie. »
Peu après, il mit ses mains sur mes cheveux pour imprimer lui-même un mouvement à ma bouche. Ce geste m’aurait outré il y a moins de deux semaines. Là, il me fit fondre encore un peu plus.
Pour dire les choses sans détour, il utilisa ma bouche pour se masturber. J’étais son jouet, ce qu’il me dit plusieurs fois, son jouet docile et élégant, son jouet paré d'une lingerie de bourgeoise à dépraver, pour le plaisir de sa verge, de sa queue, de son sexe.
« Allez, ouvre la bouche et approche tes lèvres de la queue de l’homme qui te dresse. »
Je m’exécutai.
« Allez viens là petite chienne ! »
Il se masturbait au dessus de mon visage. Il ahanait, il soufflait de plaisir alors que l’odeur de son sexe m’envoûtait. Les yeux fermés, il laissait l’orgasme monter en lui. Son visage déformé par le plaisir était beau à voir, captivant. Je ne le quittais pas des yeux. Je me sentais épanouie ainsi offerte, à genoux, à attendre la première giclée de foutre que j’allais recevoir. Pas la dernière, je peux vous l’assurer.
« Tiens ! »
Il ne put en dire plus et se répandit sur mes seins, ma bouche, mes joues. Partout. Du bon foutre chaud, épais et fluide. La première semence à me maculer de la sorte. Même celle de mon mari ne sortait jamais de mon sexe.
Sentir son sperme atterrir sur ma peau, le sentir couler sur mes joues, mes seins me fit presque chavirer de plaisir.
« Allez Séverine, suce moi encore. Nettoie jusqu’à la dernière goutte. »
Ce que je fis avec une joie non dissimulée, trop heureuse de laper les gouttes coulant de son sexe qui débandait doucement, trop heureuse de le prendre en bouche et de sentir sa puissance, sa virilité en moi. Heureuse et fière d’avoir fait jouir un homme ainsi.
La fin de notre second rendez-vous fut semblable à celle du premier. Il me releva, cala mes coudes contre ma table, ouvrit mes jambes, baissa ma lingerie complètement inondée puis me branla – il n’y a pas d’autres mots – en faisant des aller-retour avec ses doigts entre mon sexe et ma bouche.
« Allez Séverine, laisse-toi faire. Laisse-moi te branler. Tu es là pour prendre du plaisir et recevoir tout ce que j’ai à te donner.
- Oui Stéphane, fais ce que tu veux de moi. »
C’est exactement ce qu’il avait l’intention de faire.
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